La Fondation CPA et l’éducation générale

01-02-2009 10:21

Les stages de formation continue organisés par la Fondation CPA au Mali, en République Démocratique du Congo et au Togo, sont aussi l’occasion d’aborder des problématiques de santé publique ou des problèmes de société avec les enseignants africains. Chaque année, des plages horaires sont réservées pour parler, par exemple, du SIDA, des droits de l’Enfant, de la protection de l’environnement, des droits de la femme, de l’eau, de la démocratie… Ces thèmes sont très souvent traités par des animateurs locaux, plus près du contexte, des réalités et des mentalités, et donc plus à même de toucher l’auditoire.

Voilà une expérience relatée par Alain Bonvin, enseignant valaisan parti au Mali en juillet 2008. 

« Les enseignants romands, dans leur mission d’été au Mali, avaient choisi de présenter à nos collègues les didactiques du conte et du texte argumentatif. Ce dernier travail nous a permis d’aborder le douloureux problème de l’excision dans ce pays. Les enseignants maliens, qui suivaient leur 2ème stage avaient été sensibilisés l’an passé par un représentant d’Helvetas. Ils ont cette année dû produire un texte. Voici le texte de Bintu, enseignante malienne :

Chère Awa,
C’est avec le cœur plein d’amertume que je vous adresse ces quelques lignes.
L’autre jour, ma voisine a perdu sa fille par suite d’excision. Nous devons bannir cette pratique caduque qui ne fait que nuire à notre société. Elle provoque des dangers multiples : diminution de la sensibilité féminine, dangers à l’accouchement, divorces dans les foyers.
En cas de stérilité, une femme sera humiliée dans nos villages. De plus, une femme fistuleuse sera toute sa vie sans mari.
Je compte sur votre bonne compréhension.
                 Merci. A bientôt.
                            Bintu

Tous les enseignants ont rédigé une lettre s’opposant fermement à cette pratique en utilisant les arguments de santé, de danger de mort mais aussi les soucis sociaux et les problèmes de vie intime. Il faut savoir que cette pratique qui n’est ni demandée par le Coran, ni par la Bible est plutôt régionale. Elle ne touche que certaines régions du Mali mais à un taux très fort avoisinant les 90%.
Au terme de cette activité, 180 enseignants ont pris conscience du phénomène, ont été bousculés dans leurs croyances et coutumes et se disent prêts à informer dans leurs écoles et communautés villageoises. »

Espérons que les prises de conscience des participants aux stages en entraînent d’autres…

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